(vidéo un) Sekoh Skennen’kó:wa

Je suis très heureuse de vous avoir ici avec moi aujourd’hui, c’est un grand honneur de pouvoir enseigner et de pouvoir explorer des idées et des concepts avec des personnes comme vous, et je suis très excité à propos du sujet dont je vais vous parler aujourd’hui. Commençons donc.

Ma façon d’aborder l’éducation découle d’une méthodologie traditionnelle des Premières Nations, ce qui signifie que, dans l’Ouest, la façon de procéder est traditionnellement hiérarchisée…une approche descendante.

Alors vous voyez ceci dans plusieurs différents systèmes occidentaux, à peu près dans toutes les structures, qu’il s’agisse de développement à l’étranger ou de gouvernance ou toute chose de ce genre ça fonctionne à partir d’une structure descendante où il y a quelqu’un au sommet qui est élite et qui parle aux gens ici et ceci serait votre professeur dans un format d’enseignement traditionnel. Et ceux-ci serait les étudiants comme vous. Ceci n’est pas comment je procède. D’où je viens, d’un point de vue des Premières Nations, spécifiquement des Mohawk et des Cree, c’est d’où mes enseignements proviennent.

Nous faisons les choses vraiment vraiment différemment.

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Notre système de leadership, notre structure de gouvernance, tout est reconnu comme survenant du bas et allant vers le haut.

Alors vous n’avez pas ce système où vous avez quelqu’un qui parle en avant et où vous êtes pris dans votre chaise et où vous ne pouvez souvent même pas déplacer votre chaise et où vous être censé écouter et apprendre les connaissances que la personne qui est devant, la figure d’autorité, vous enseigne.

Ceci n’est pas la manière dont nous procédons, parce que vous avez beaucoup à contribuer.

Vous avez tellement de connaissances, tellement d’expérience et tellement de belles idées à contribuer à l’apprentissage, pourquoi est-ce que je voudrais me tenir ici et continuer à parler encore et encore et encore et ne pas apprendre de vous, et vous permettre d’apprendre entre vous autres?

Alors c’est l’approche que nous avons, c’est plus équilibré

C’est plus inclusif.

Ça reconnait la valeur de vos connaissances et la valeur de mes connaissances

Souvent, les gens présument que la connaissance est quelque chose qui existe à l’extérieur d’eux. Dans la tradition occidentale chrétienne, peut-être qu’on pense du fruit de l’arbre de connaissance dans le jardin d’Éden – quelque chose qu’on peut aller cueillir, manger, et ensuite connaître. Mais une méthodologie de cercle d’apprentissage présume que vous connaissez déjà beaucoup de choses. Vous êtes l’expert sur votre vie et sur vos expériences, ainsi que sur plusieurs autres choses que vous avez appris avec le temps, à partir des personnes qui vous ont formé et qui vous tienne à cœur. Tout le monde à quelque chose à partager.

L’autre élément crucial d’une méthodologie de cercle d’apprentissage est que, tout comme vous savez déjà beaucoup de choses importantes qui vous permettent de réfléchir à des questions, les autres savent aussi beaucoup de choses. Imagine un groupe de personne assis dans un cercle, regardant quelque chose au centre de la salle. Quelques-uns voient la chose du devant, d’autres de l’arrière, d’autres du côté. Peut-être que certains la regarde de plus près, alors que d’autres la regarde de plus loin. Peut-être que certains la voient dans la lumière, et d’autres voient son ombre. Chacun d’entre eux peut dire une histoire unique à propos de l’apparence de l’image. Mais ensemble, ils peuvent la décrire avec beaucoup plus de détail. Le cercle est votre communauté, et l’objet dans le milieu est un problème que vous affrontez tous. Vous, tout seul, ne pouvez pas voir tous les détails de l’objet. Vous devez parler avec d’autres personnes afin d’avancer votre analyse, et pour comprendre comment vous pourrez peut-être faire un changement.

1.2 – Le centre Al Saraya

Souvent, les personnes qui veulent travailler avec des communautés présument qu’ils sont des experts. Peut-être que cela est causé par ce qu’ils ont appris à l’université, ou parce qu’ils proviennent de l’extérieur et ont une nouvelle perspective. Mais une perspective de cercle d’apprentissage va à l’encontre de cela. Vous avez certainement une expertise dans certains domaines, à cause de vos expériences de vie et de votre formation. Mais cela ne veut pas dire que vous être un expert dans ce que les gens veulent, ce qu’ils pensent, et ce qu’ils ont appris au cours de leur vie. Le cercle d’apprentissage demande l’humilité de ceux qui viennent pour apprendre. Sans cette humilité, vous serez renfermé aux connaissances qui seront partagés avec vous – et ceci aura des conséquences indésirables sur votre travail.

Heyam Alyan est la directrice exécutive du centre Al Saraya, un centre communautaire dans la vieille ville de Jérusalem. Elle travaille avec des communautés qui se débattent sous une occupation militaire, qui demeurent dans des espaces très restreints et qui manquent des opportunités économiques et sociales. Dans cette vidéo, elle décrit comment les membres de la communauté travaillent ensemble, et comment cela leurs aident à identifier des problèmes et à trouver des solutions.

[Heyam]: D’après notre expérience, nous avons vu qu’une communauté qui a beaucoup de problèmes, beaucoup de difficultés, souvent il y a des tabous dans des sujets dont on parle.

[5:30] La meilleure chose est d’être dans un groupe au cœur de la communauté, nous parlons d’un groupe de jeunes ensembles (soit des hommes ou des femmes séparément), techniquement ces personnes sont venues en tant que groupe et ont formés un bon groupe. Ça inculque un sentiment de confiance, beaucoup de sujets peuvent être introduits que personne n’avait prévu.  

[06:00] Ou une personne peut entendre parler d’un problème dans le groupe et découvrir que le reste du groupe fait face aux mêmes problèmes et il ne le savait pas. Et il pensait que c’était le plus grand problème au monde et il n’est pas le seul. Mais en travaillant avec le groupe il verra que beaucoup de personnes ont ce même problème et il verra que beaucoup de personnes ont trouvé une solution à ce problème. Souvent, il ne devra même pas parler, mais il entend des choses qui lui touche

[6:30] pas lui toucher nécessairement mais peut-être que c’est une solution à son problème. Ou peut-être lui supporter en sachant que quelqu’un d’autre vit la même situation, la même vie, mais cette personne à la capacité de résoudre ses propres problèmes, alors la (personne originale) se sent comme il, lui-aussi, peut résoudre ses propres problèmes. Alors, ce travail entre les groupes est très formidable surtout quand

[7:00] ça fait longtemps que c’est retravaillé. Forme des groupes pour du travail cumulatif à long terme. On ne peut pas former un groupe pour deux mois et les abandonner. Le groupe doit être formé et constamment retravaillé et doit saisir de l’information, et ce groupe peut aider d’autres groupes de la même communauté, mêmes problèmes, mêmes circonstances, mêmes cultures, comme ça ils peuvent évoluer et aider les autres à évoluer à un rythme plus rapide.

[7:30] pour des changements il faut que quelqu’un de l’extérieur de la communauté arrive et travaille avec les groupes.